La résistance en thérapie est elle un problème ?

Verrou sur une porte bleue qui résiste à s'ouvrir

Le mot résistance est devenu courant dans les discours autour du développement personnel. On l’entend souvent comme une explication rapide à un problème qui ne concerne que le thérapeute :

« Ça résiste. »

Mais que signifie réellement ce terme en psychothérapie ? Et que révèle son usage parfois trop rapide ?

La résistance n’est pas un échec

coccinelle sur une brindille d'herbe

Chez Sigmund Freud, la résistance désigne les forces psychiques qui protègent le sujet de contenus trop douloureux ou menaçants.

Elle n’est ni un défaut, ni une mauvaise volonté, et encore moins un sabotage.

Elle est un mécanisme de protection. Autrement dit : Si ça résiste, c’est que quelque chose cherche à survivre.

La résistance n’est pas l’ennemie du travail thérapeutique. Elle en est une composante nécessaire et utile.

Le glissement subtil

femme au cheveux courts qui baisse les yeux et fait signe avec son doigt comme pour dire qu'elle a un probleme

Le problème apparaît lorsque la résistance est vécue comme un obstacle à la réussite du thérapeute.

À cet endroit précis, un déplacement s’opère :

  • La résistance devient un problème.
  • Le patient devient “celui qui bloque”.
  • Le thérapeute devient celui qui “sait”.

Et l’alliance thérapeutique se fragilise.

Car si la résistance est perçue comme un échec, cela signifie que quelque chose du côté du thérapeute est engagé :
attente de résultat, idéal de progression, blessure narcissique, besoin d’efficacité…

Et c’est là que la vigilance s’impose !

Quand le thérapeute entre en résistance

Un thérapeute n’est pas un être neutre, mais il a une responsabilité éthique :


Repérer ce qui, en lui, se crispe face à ce qui ne bouge pas ou face à ce qui bouge trop.

À l’endroit précis où la résistance du patient est vécue comme une faute, le thérapeute risque de se défendre :

  • en poussant trop vite,
  • en interprétant prématurément,
  • en se retirant affectivement,
  • ou en rigidifiant le cadre.

C’est ici que la supervision devient indispensable.

Comme le soulignait Donald Winnicott, le thérapeute doit pouvoir “survivre” aux mouvements du patient sans contre-attaquer ni vouloir réparer trop vite.

La bonne question


cabinet de psy avec une psy qui regarde son patient de façon bienveillante en tenant un cahier et un stylo

La question n’est pas : “Comment la faire tomber ?” La vraie question est :

  • À quoi sert-elle ?
  • Que protège-t-elle ?
  • Qu’est-ce que cela vient toucher chez le thérapeute ?

C’est dans cet espace de réflexion que se situe le cœur du métier. La résistance n’est pas un échec.

Elle est une information précieuse.

Encore faut-il que le thérapeute accepte de regarder ce qu’elle vient réveiller en lui.

Et c’est précisément pour cela qu’une formation solide et une supervision régulière ne sont pas un luxe — mais une nécessité.

Je vous reçois à mon cabinet à Bordeaux ou en visioconférence dans un cadre sécure et bienveillant pour que nous puissions regarder vos résistances en y posant du soin.

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